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CGTFP69 soutient Pierre et Benoit, Inspecteurs du travail dans le 38

En grève depuis la veille, les agents de l’inspection du travail de l’Isère se sont rassemblés ce mardi 08/09/26 devant la Direction départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarité (DDETS) du 38, à l’appel des syndicats Sud, CGT, CNT et FSU. Ce jeudi 10/09/26, un même rassemblement a eu lieu devant la DDETS à LYON. Ces mobilisations sont en soutien de Pierre et Benoît, inspecteurs du travail et représentants syndicaux, menacés de sanctions disciplinaires, et ce, après avoir été mis en cause dans le cadre d’une plainte pénale pour harcèlement par leur direction. Cette plainte a été classée sans suite.

Que leur est-il reproché ?

Le média Blast a publié une vidéo pour présenter leur situation : https://youtu.be/TkkZOqKt1Zg?is=U2g5zln7Cq193foJ

Alors que les conditions de travail au sein de la DDETS 38 étaient devenues délétères, les représentants du personnel n’ont cessé d’alerter leur direction. Plutôt que de prendre les mesures d’urgence qui s’imposaient – recrutements pour pourvoir les postes vacants durablement, arrêt des pratiques managériales toxiques,... – cette direction a préféré allumer un contre-feu et attaquer nos camarades au pénal, en rédigeant un rapport pour des faits supposés de harcèlement.

Nos camarades ont été convoqués au lendemain du 1er mai, pour lequel ils s’étaient pleinement mobilisés sur des actions de contrôle pour assurer le respect des règles particulières qui s’y applique. Questionnés pendant plusieurs heures, ils ont donné aux enquêteurs tous les éléments de contexte que l’administration avait bien entendu omis de mentionner dans son signalement. Et la réponse pénale n’a pas tardé : classement sans suite !

La notification du classement sans suite permet d’apprendre qu’il est également « reproché » aux deux inspecteurs du travail de s’être opposés, avec de nombreux autres collègues, à une tentative de leur direction d’associer les agent.es de l’inspection du travail à une opération « place nette », soit une opération de lutte contre le narcotrafic. L’inspection du travail a comme unique fonction la défense des droits des travailleur.ses ! Elle n’a en aucun cas à être détournée de ses missions, ni instrumentalisée, à des fins politiques ou pour plaire à un Ministre de l’Intérieur de passage dans le département !

Plutôt que d’admettre son erreur et d’œuvrer pour rétablir, pour toutes et tous, des conditions normales et sereines de travail, le ministère du travail a décidé de poursuivre l’attaque contre les deux inspecteurs du travail en changeant de terrain et en se plaçant sur le terrain disciplinaire. Pierre et Benoît sont maintenant convoqués en CAP disciplinaire et risquent une lourde sanction. C’est tout simplement odieux !

L’inspection du travail a vu fondre ses effectifs de près d’un quart au cours des 15 dernières années – il reste moins de 1800 agent.es de contrôle pour 21 millions de salarié.es – et elle fait l’objet d’attaques régulières, à l’image des attaques contre les droits des travailleur.ses. Les accidents du travail graves et mortels n’ont d’ailleurs jamais été aussi fréquents, ce qui n’est ni le fruit du hasard, ni une fatalité. Il est donc urgent, non pas de sanctionner des agents, mais de défendre l’inspection du travail et, avec elle, les agent.es qui la portent à bout de bras, malgré les obstacles, avec courage et ténacité !

Cette procédure scandaleuse s’inscrit dans un contexte global de liquidation des services publics et de montée de la répression antisyndicale dans les entreprises et administrations. Alors que les libertés syndicales sont fortement mises en cause, ce qui constitue une atteinte grave à notre démocratie, la CGT exige l’abandon immédiat des procédures disciplinaires contre Pierre et Benoît. La pétition de soutien est toujours disponible, lien dans notre article du 7 juillet.

La CGT demande des effectifs, des moyens et un plan d’urgence, à la hauteur des besoins, pour ce service public essentiel qu’est l’inspection du travail.

Article publié le 10 septembre 2026.


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