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Vague de suicides à la DGFIP

Plusieurs médias (dont Le Monde, France Inter et RTL ) se sont fait l’écho d’un nombre élevé de suicides au sein de la DGFIP. Ce sont 13 agents de notre administration ont qui ont mis fin à leurs jours depuis janvier, et huit autres ont tenté de le faire sur cette période de 6 mois.
La section CGT 69 présente ses sincères condoléances aux proches des collègues disparus.

Ces chiffres mettent en lumière la décorrélation stratosphérique de BERCY avec la réalité du terrain .

Nos responsables et décideurs (Ministre et Directrice Générale sans oublier les fameux cabinets de conseil ...) peuvent estimer que :
 le statut de fonctionnaire protège de la précarité professionnelle,
 notre Administration s’est dotée d’outils de prévention tels que le Document Unique des Évaluations des Risques Professionnels (DUERP), le Tableau de Bord de Veille Sociale (TBVS), les Plans de prévention national et départemental... Des outils revus et actualisés tous les ans,
 les résultats du sondage sur les conditions de vie au travail effectués en 2024 ressortent globalement plus positifs qu’auparavant.

Alors pourquoi ces chiffres ?

Le MONDE écrit dans son article du 08/07/2025 que "Si cette vague, se prolongeait sur l’année, elle correspondrait à un taux de suicide deux fois plus élevé que celui constaté dans l’ensemble de la population française".

le 03/01/2023, BLAST publiait une enquête comparant le management ayant cours à la DGFIP à celui de ORANGE - France Télécom dans sa pire période (https://www.blast-info.fr/articles/2022/direction-generale-des-finances-publiques-un-gout-dorange-amere-2-2dBINc3FJQhSuuLmM-1speA).

Pourtant, le ministre de l’Économie, Éric Lombard a déclaré devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi dernier que cette vague de suicides ne pouvait être attribuée « ni à des raisons d’organisation, ni à la charge de travail, ni au management ».

La CGT Finances publiques alerte depuis des années sur la dégradation des conditions de travail, les pertes d’effectifs (36 662 titulaires, soit près de 30 % des effectifs depuis la création de la DGFIP en 2008), les restructurations permanentes (plus de 2000 suppressions de trésoreries, près de 1 000 suppressions de services de gestion fiscale et foncière), une industrialisation de quasi toutes les tâches de travail, des missions qui se limitent à exploiter des listings, ou plutôt à corriger les erreurs des logiciels et de la pseudo-intelligence artificielle, une exigence de reporting permanent, des règles de gestion qui font de plus en plus la part belle à l’arbitraire (en matière de mobilité par exemple), un management de plus en plus toxique avec des encadrants qui se retrouvent à demander toujours plus à leurs équipes mais avec toujours moins de moyens, des rémunérations qui ne suivent pas et des évolutions de carrières insatisfaisantes… Un faisceau de facteurs créant ou aggravant des situations anxiogènes, de perte de sens du travail et de dévalorisation de soi.

Que les facteurs des actes suicidaires soient multiples ou que l’acte ait eu lieu hors de l’espace de travail ne dédouanent en rien l’administration de son éventuelle responsabilité. Nous rappelons que la responsabilité de l’administration est de déterminer s’il y a un lien direct avec le travail, même si ce n’est pas le seul lien, et de supprimer le facteur de risque. L’administration a une obligation de résultat.

La CGT Finances publiques exige une vraie enquête systématique pour chaque cas avant que la DG estime unilatéralement s’il y a un lien avec le travail ou pas, que ce soit le seul lien ou qu’ils soient multiples, et ce pour tous les cas de cette année 2025 et pour l’avenir.

Si notre Administration souhaite vraiment qu’il n’y ait plus de lien direct entre actes suicidaires et travail, alors qu’elle cesse de dégrader les conditions de travail des agents, leurs règles de gestion, d’empiler les restructurations à un rythme insoutenable et permette une bonne articulation entre travail effectué dans des conditions correctes et vie privée. Que le travail soit le seul facteur, ou qu’il soit le facteur principal ou qu’il soit le déclencheur dans le cadre d’une multiplicité de liens, c’est pour la CGT Finances Publiques totalement inacceptable.

Article publié le 10 juillet 2025.


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