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Préavis de grève de la CGT Finances publiques 69 à partir du 10/09/2025.

Dans un contexte international dramatique et en pleine période de congés, le gouvernement, au service du patronat, a confirmé ses orientations en matière budgétaire : une politique austéritaire pour réduire la dette à tout prix, sans mettre à contribution les plus riches et les grandes entreprises.

Visant une réduction de 44 milliards d’euros, ce projet de budget, annoncé le 15 juillet dernier, est d’une extrême sévérité envers les salariés et les agents publics, les personnes précaires, les personnes malades et les retraités.

Parmi ces mesures :
• Une réduction de 5,3 milliards d’euros des dotations aux collectivités territoriales ;
• Une diminution de 5 milliards d’euros alloués au secteur de la santé ;
• Une baisse de 4,8 milliards d’euros pour l’État, affectant en particulier l’Éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche.

Ces choix conduisent à une dégradation grave et inacceptable des conditions de vie et de travail, particulièrement dans la Fonction publique, avec :
• La confirmation du gel du point d’indice pour la troisième année consécutive ;
• Une retenue de 10 % par jour sur la rémunération en cas d’arrêt maladie ordinaire ;
• Le maintien du jour de carence ;
• L’absence de rétablissement de la Garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA), en vigueur depuis 2008 ;
• Le blocage de toutes les promotions catégorielles ;
• La remise en cause de la cinquième semaine de congés payés ;
• La désindexation des retraites, provoquant un abattement de 10 % sur les petites pensions ;
• Le doublement des franchises médicales ;
• La suppression de deux jours fériés.

Pour la CGT, il n’est pas acceptable que la richesse produite par les travailleuses et travailleurs continue de financer une économie de guerre, une économie mortifère.
Au nom de l’austérité, les hôpitaux ferment, les transports publics saturent, l’école publique est sacrifiée pour financer les aides publiques aux entreprises et les cadeaux fiscaux aux plus fortunés.

Aux Finances, les dizaines de milliers de suppressions d’emplois, les restructurations incessantes, les suppressions de services et de sites, les méthodes de travail industrialisées déconnectées des besoins de la population ont mis à mal les missions de nos administrations et établissements semi-publics, et ont dégradé les conditions de travail.

Les coupes budgétaires passées et celles envisagées pour 2026 accentuent encore cette situation et aboutissent à un recul de l’intérêt général tandis que sont maintenus les cadeaux fiscaux et sociaux aux plus riches. C’est inacceptable !

Ce ne sont pas les dépenses qui ont creusé le déficit, leur niveau rapporté au PIB de la France est resté constant depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, mais bien les baisses de recettes décidées par ses gouvernements successifs.
Les ressources financières existent et doivent être mobilisées, notamment :
• Les 211 milliards d’euros d’aides publiques octroyées aux entreprises, sans aucune condition, contrôle ou suivi sur l’emploi ;
• Les dividendes record versés aux actionnaires, souvent au moment même des licenciements ou délocalisations, échappant à toute contribution réelle.

Aussi, la CGT propose une réforme globale et cohérente de la fiscalité pour faire contribuer davantage ceux qui ont plus de moyens en étant progressive et intégrant les enjeux environnementaux. Une réforme fiscale pour plus d’égalité :
• + 12 milliards d’euros en augmentant la progressivité de l’impôt sur le revenu ;
• + 2,2 milliards d’euros environ grâce à la suppression de la flat tax, qui est une imposition au taux fixe de 12,8%, un prix d’ami alors que l’application du barème de l’impôt sur les revenus conduirait les plus riches à être imposés à 41% sur la plus grande portion de leurs dividendes et plus values, fruit du travail des autres et de la spéculation ;
• + 8 milliards d’euros avec la création d’une taxe sur les superprofits de grandes entreprises ;
• + 1 milliard d’euros avec la création d’une véritable taxe sur les rachats d’actions à 1% ;
• + 20 milliards d’euros la première année en conditionnant les aides publiques avec un impôt sur les sociétés modulé en fonction des politiques menées par les entreprises ;
• + 2 milliards d’euros en réformant la fiscalité sur les successions et donations ;
• + 8 milliards d’euros en établissant un impôt sur la fortune à l’assiette élargie et au barème progressif.

Quelle que soit la situation gouvernementale, ce que nous voulons, c’est un autre budget correspondant aux urgences sociales et environnementales. Tous les ingrédients sont réunis pour gagner ! Pour cela, il nous faut construire une mobilisation massive et unitaire !

La dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur de la colère sociale.
La CGT souhaite que cette journée soit une première étape réussie, ce qui passe en particulier par la grève sur les lieux de travail. C’est pourquoi la fédération des Finances CGT appelle l’ensemble des agentes et agents de Bercy et des établissements financiers du semi-public, à se mobiliser massivement le 10 septembre prochain.

La CGT exige l’abandon du projet de budget et la mise en place de mesures d’urgence autour de 5 priorités :
• La justice fiscale : la taxation des patrimoines, des dividendes et des rachats d’action, la remise à plat des 211 Mds d’aides publiques aux entreprises, le rétablissement de l’ISF et la mise en place d’une vraie progressivité de l’impôt sur le revenu ;
• La justice sociale par l’abrogation de la réforme des retraites, première étape pour gagner la retraite à 60 ans, et une Sécurité sociale répondant aux enjeux actuels, rétablie dans ses prérogatives issues du programme du Conseil national de la Résistance, dotée de l’ensemble des moyens nécessaires pour répondre aux besoins ;
• Le financement de nos services publics et de la transformation environnementale de notre économie, de l’argent pour nos hôpitaux, nos écoles et nos universités et nos infrastructures et notre politique culturelle ;
• L’augmentation des salaires, des pensions, des minimas sociaux, l’égalité F/H et des mesures contre la vie chère particulièrement dans les outre-mer ;
• L’arrêt des licenciements et l’organisation d’assises de l’industrie.

Au plan local, la CGT Finances publiques 69 revendique l’arrêt immédiat de toutes les réorganisations de services, les restructurations, et les fusions.
Elle condamne la méthode de management par la peur instillée par la DRFIP et exige que cela cesse sans délai. Au contraire, la CGT demande des moyens et des formations adaptées à l’ensemble des cadres pour mettre en place un management respectant tous les agents de la DRFiP.
La CGT demande à la DRFIP de mettre en œuvre ses obligations prévues à l’article L4121-1 : du code du travail :
« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Ces mesures comprennent :
1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;
2° Des actions d’information et de formation ;
3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. »

La CGT Finances publiques demande également la mise en œuvre d’un plan d’action pour lutter contre la souffrance des agents au travail qui est conséquente et démontrée chaque année par l’observatoire interne local.
Nous demandons à la DRFIP de faire un bilan pour évaluer les moyens humains et matériels nécessaires à mettre à la disposition des services pour accomplir l’ensemble de leurs missions.

Enfin, avec notre syndicat national et la fédération des finances CGT, nous exigeons l’arrêt immédiat des suppressions de postes, l’augmentation de 25 % du point d’indice et son indexation sur l’inflation, l’abandon des lignes directrices de la DG, la réouverture des Centres des Finances Publics seuls véritables points d’accueils pour les usagers, la création de postes pour garantir le bon fonctionnement des services et une véritable protection sociale complémentaire mutualiste.

C’est pour toutes ces motifs que la CGT Finances publiques du RHÔNE a déposé, ce jour, un préavis de grève pour l’ensemble des agents de la DRFIP du RHÔNE. Ce préavis débutera le 10/09/2025 à 07h00 pour une période courant jusqu’au 31/12/2025.

Il est essentiel de défendre nos exigences et nos propositions. Les politiques d’austérité ne sont pas une fatalité. Bloquons tout le 10 septembre.

Article publié le 29 août 2025.


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