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Durant des décennies les gouvernements ont porté des coups au système de santé public : exonérations de cotisations patronales, déremboursement de médicaments, forfait hospitalier, limitation du nombre de médecins, fermetures de lits et d’établissements publics, mise en place des « agences régionales de la santé », « mutualisation » des équipements avec les cliniques, intensification du travail, précarisation avec plus de 220 000 travailleurs hors statut, heures supplémentaires non compensées ou non payées …
Depuis son élection Macron a poursuivi la privatisation et les fermetures, a rejeté les revendications des travailleurs de la santé (hôpitaux publics, EHPAD…).
Avec la crise sanitaire, la situation catastrophique de nos hôpitaux a éclaté aux yeux de tous. Les soignants ont fait face, avec trop peu de moyens et surtout avec courage. Le gouvernement s’est contenté d’hommages, d’une prime (limitée à de rares bénéficiaires), d’encouragement à la charité et d’une médaille.
Très vite les soignants ont décidé de reprendre le chemin de la contestation sociale.
Face à l’ampleur de la mobilisation et au soutien dans la population, le 15 mai, Macron promet l’ouverture d’un Ségur de la Santé. Pour étouffer la contestation et les revendications du secteur, cette vaste concertation regroupe des technocrates, des patrons de cliniques et d’hôpitaux, au milieu desquels se retrouvent les représentants des personnels. Elle est présidée par l’ancienne secrétaire générale de la CFDT, Nicole Notat, maintenant dirigeante d’une société financière.
Dès l’ouverture du « Ségur de la santé », Édouard Philippe a donné le cadre : « Il faut lever les contraintes de toute nature, le temps de travail doit être regardé de la même façon ». Olivier Véran confirme : « le temps de travail n’est pas tabou ».
C’est dans ce contexte qu’hier, 16 juin, une grande journée de mobilisation était lancée avec plus de 250 cortèges dans toute la France.
A Lyon, plus de 10 000 personnes (6000 selon la police - 13000 selon les organisateurs) ont retrouvé avec détermination le chemin de la lutte et ont défilé de HEH jusqu’à l’ARS où la CGT a pris la parole.
Un cortège très énergique dans lequel les slogans ont fusé : "on veut des lits, pas de prime", « Pas de retour à l’anormal », « Des soignants masqués, mais pas muselés », « on ferme des housses, pas notre gueule », « Blouses blanches, colère noire » ou encore « Le futur n’est pas Ségur ».
En effet, comme l’exprime le Collectif Inter Hôpitaux : "la méthodologie du Ségur de la santé pose problème ». Et certains syndicats ont décidé de claquer la porte des discussions, dénonçant une « vaste opération de communication ».
Cette belle « rentrée » revendicative est une véritable réussite, une belle preuve de l’attachement à l’Hôpital public, à son personnel dévoué et mobilisé aussi bien pour soigner que pour défendre la santé pour tous.
Car l’Hôpital Public et les Services Publics, sont les bien de tous !
Alors qu’à la DGFIP nos directeurs préparent le retour au monde d’avant avec fusions de services, restructurations, NRP, démétropolisation, casse des règles de gestion, suppressions de postes ... les agents des finances devront aussi s’engager dans le bras de fer !
La CGT finances publiques 69 était présente à cette manifestation. Les soignants ouvrent la voie. Ils montrent que nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement et que seule notre mobilisation pourra faire bouger les lignes, changer le monde.
Vous pourrez retrouver des photos et vidéos de la manifestation de Lyon sur le Facebook de la section : https://www.facebook.com/CGT-Finances-Publiques-Rh%C3%B4ne-1327883243909480/?epa=SEARCH_BOX
Article publié le 17 juin 2020.