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Partageant ce combat commun contre les inégalités femmes-hommes, la section a décidé, pendant la période estivale, de reprendre une publication de l’Oxfam. Voici la suite de la publication de la semaine dernière.
Notre rapport sur les inégalités mondiales et notre étude sur la France, parus en janvier 2021, mettent en lumière la surreprésentation des femmes dans le secteur du soin :
– les assistante·s maternelles, les employé·e·s de maisons, les aides à domicile et les aides ménagères demeurent à plus de 95 % des femmes.
– les aides-soignante·s sont à 91% des femmes
– 87% infirmiere·s sont des femmes.
La crise actuelle, les revendications du personnel soignant avant même la pandémie et cette surreprésentation nous disent une chose : un secteur du soin mal-rémunéré, avec des conditions de travail difficiles et précaires, contribue largement à accroître les inégalités femmes-hommes au sein de notre société.
La surreprésentation des femmes se retrouve dans d’autres secteurs, rencontrant les mêmes difficultés, et ayant été en première ligne depuis un an :
– elles sont 73% parmi les agente·s d’entretien
– elles sont 76% parmi les caissiere·s et les vendeur·e·s
– elles sont aussi 71 % parmi les enseignante·s.
Quand les secteurs majoritairement féminins sont les plus mal lotis de nos sociétés, ce sont les inégalités femmes-hommes qui s’emballent.
Les femmes premières victimes des inégalités et de la pauvreté induite par la pandémie
La crise a révélé les inégalités multiples et la menace de la pauvreté qui pèsent beaucoup plus fortement sur les femmes à travers le monde.
La pandémie a en effet forcé des millions de femmes à sortir de la population active, comme nous le soulignons dans notre rapport « Le virus des inégalités » : en France, elles ont dû recourir au dispositif de chômage partiel pour garder leurs enfants, sous condition d’y avoir accès.
Les chiffres plus précis commencent à être révélés à l’échelle internationale. Par exemple, aux Etats-Unis, selon le National Women’s Law Center, depuis le début de la pandémie, les femmes ont perdu 5,4 millions d’emplois. Plus de 2 millions sont sorties de la population active. En janvier 2021, les femmes comptent ainsi pour 80% des adultes qui ont cessé de travailler ou recherche un emploi aux Etats-Unis.
Selon ONU Femmes, 47 millions de femmes et de filles à travers le monde risquent de tomber dans l’extrême pauvreté à cause de la pandémie et de ses conséquences. 690 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde. 60% d’entre elles sont des femmes et des filles.
A l’impact concret sur leur vie professionnelle et leur situation économique, comme en témoigne l’augmentation des femmes travailleuses pauvres, s’ajoute l’augmentation des violences intrafamiliales et conjugales, qui ont augmenté de 30% pendant le premier confinement mondial et ont grimpé à 60% en France pendant le second confinement. Il est urgent d’agir pour lutter contre ces inégalités de genre !
La crise du coronavirus, en aggravant les conditions des femmes, menace les progrès réalisés ces dernières années en matière de lutte contre les inégalités femmes-hommes. Les Nations Unies estiment d’ailleurs qu’en un an on pourrait perdre 25 ans de progrès en matière d’égalité femmes-hommes. Il est urgent d’agir !
Article publié le 12 août 2021.