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La protection sociale vise à protéger les individus des aléas et des évolutions de la vie ainsi que des ruptures avec le marché du travail : maladie, maternité, accidents du travail, invalidité, perte d’autonomie, chômage, retraite, éducation des enfants.
En France, la Sécurité sociale est le principal pilier de la protection sociale avec à son fondement, la doctrine suivante : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». La Sécurité sociale repose donc tout à a fois sur les principes d’unicité, d’universalité, de solidarité, et de démocratie.
La Sécurité sociale est une conquête sociale des travailleurs et travailleuses, qui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un pays ruiné, construisent ce système de toute pièce, alors que le patronat (qui avait massivement collaboré avec le régime de Vichy) et l’État sont affaiblis. La CGT défend un renforcement de la Sécurité sociale, véritable conquête ouvrière et collective, dont on doit la concrétisation au ministre Ambroise Croizat, ainsi qu’aux militants de la CGT.
Ce système donne un pouvoir aux représentants des travailleurs et travailleuses qui financent la Sécurité sociale par leur travail au travers des cotisations sociales. Ce sont eux qui gèrent l’institution, en siégeant dans les caisses de Sécurité sociale. C’est ce qu’on appelle la démocratie sociale.
Les cotisations sociales sont donc une partie du salaire qui est mise en commun et dont les travailleurs décident collectivement de ce qu’ils souhaitent en faire pour l’intérêt général. C’est ce qu’on appelle le salaire socialisé.
Grâce à ce pouvoir politique imposé au patronat, les travailleurs ont étendu la Sécurité sociale à de plus en plus de domaines. La Sécurité sociale et la protection sociale ont ainsi permis des progrès sociaux considérables en matière d’accès aux soins et à la santé, de droit à une juste retraite, de politique familiale solidaire. Il en a résulté de très importantes améliorations dans le domaine de la qualité et de l’espérance de vie.
Ces progrès sociaux sont rendus possibles jusque dans les années quatre-vingt-dix par l’augmentation continue des cotisations sociales face aux besoins. Loin d’être un coût pour l’économie, la Sécurité sociale est au contraire un atout et une richesse. Elle permet de répondre aux besoins sociaux de la population. Elle finance des millions d’emplois directs et indirects.
Parce que notre système de Sécurité sociale solidaire a connu de nombreux reculs, il est nécessaire d’engager une démarche de reconquête fondée sur les principes qui ont présidé à sa création (unicité, universalité, solidarité, démocratie, partage des richesses créées par le travail). La Sécurité sociale doit permettre de sécuriser et de protéger les citoyens contre les aléas de la vie mais elle est aussi un outil de transformation
sociale. Elle doit répondre aux besoins sociaux des populations aggravés par le système capitaliste tels que la perte d’autonomie, les carrières décousues, les inégalités femmes/hommes, les besoins de santé, l’urgence climatique, etc. Elle doit aussi permettre d’instaurer une société plus juste et démocratique au service des travailleuses et travailleurs et de toute la population (retraités, privés d’emplois, étudiants…).
Il s’agit d’imaginer la Sécurité sociale du XXI siècle pour conquérir une Sécurité sociale intégrale, un 100 % Sécu, sur la base du salaire socialisé. Cette Sécurité sociale intégrale doit être fondée sur le principe d’un système simplifié, clair et accessible. C’est pourquoi la Sécurité sociale doit devenir interlocuteur, collecteur et payeur unique. Elle doit être autonome grâce au retour des élections des administrateurs de la Sécurité sociale par les assurés sociaux et grâce à un budget décidé et géré exclusivement par les salariés.
Notre revendication est de défendre et étendre le financement par les cotisations sociales à la fois plus efficace et plus démocratique :
• réformer le financement de la Sécurité sociale.
• élargir l’assiette ou la base de calcul des cotisations sociales. Nous demandons l’intégration dans l’assiette de calcul des cotisations sociales de toutes formes de revenu (notamment les stock-options, les dividendes, etc.) et de rémunération dont les primes ;
• créer une surcotisation pour les entreprises ayant des politiques salariales au rabais et une gestion de l’emploi par la précarité qui va à l’encontre dudéveloppement productifs et écologique de l’entreprise ;
• mettre à contribution des revenus financiers des entreprises. La CSG doit être transformée en cotisation sociale. Il faut renforcer le financement de la Sécurité sociale en créant une contribution sociale sur tous les revenus financiers (dividendes, intérêts) ;
• instaurer immédiatement l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
• agir sur l’organisation du travail. Agir pour la santé au travail et contre la précarité est un levier important pour l’efficacité de la protection sociale mais également son financement. Pour nous le concept de santé est complètement lié aux conditions de travail et aux capacités à créer, à se projeter, à être utile, et à tisser des liens avec les autres ;
• refonder la démocratie sociale. La CGT demande un retour à l’élection des administrateurs des caisses de Sécurité sociale, des institutions de retraite complémentaire, de prévoyance, etc. Cela doit s’accompagner de
l’élaboration de règles de fonctionnement démocratiques fondées sur le respect de tous les administrateurs, ainsi que de la définition d’un statut de l’administrateur (droits, devoirs, moyens mis à sa disposition pour assurer son mandat dans les meilleures conditions). Le rapport entre les collèges employeurs et salariés doit être revu, les représentants des salariés doivent (re)devenir majoritaires dans les conseils d’administration de ces organismes.
Article publié le 26 juin 2025.