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Nous avons le devoir de défendre les acquis obtenus par des luttes souvent très dures, mais aussi pour gagner de nouveaux droits ...
À un moment où gouvernement et patronat mettent tout en œuvre pour racheter les RTT des salariés, il nous a semblé nécessaire de rappeler l’histoire des congés payés dans notre pays. Ce formidable acquis des luttes doit être connu du plus grand nombre de salariés. La CGT a toujours été, et souvent seule, à l’initiative de ces combats.
Le 1er Mai 1906, les travailleurs manifestent massivement pour la journée de 8 heures. Cette revendication va, avec l’augmentation des salaires, devenir la revendication principale du Congrès confédéral de la CGT en octobre 1909 à Amiens.
Après la loi du 23 avril 1919 qui instaure la journée de 8 heures, il nous paraît nécessaire de rappeler les luttes qui ont permis d’obtenir, d’abord la limitation de la journée de travail puis ensuite le droit aux congés payés.
Les luttes vont, dans les années suivantes, prendre de l’ampleur pour obtenir le droit aux congés payés.
La victoire du Front Populaire … Les grèves ... Les accords Matignon ...
Le 1er mai 1936, dans la dynamique de la réunification de la CGT, va voir se dérouler d’importantes manifestations dans tout le pays.
Le 5 mai, les forces de gauche (socialistes, communistes, radicaux) remportent les élections législatives et obtiennent la majorité à la Chambre des députés (376 députés sur 610). Le gouvernement du Front populaire va se mettre en place avec Léon Blum comme Président du conseil. Les communistes soutiennent le gouvernement mais ne participent pas.
Le 15 mai, les premières grèves, avec occupation d’usines, vont se déclencher et vont s’amplifier de jour en jour. Ce mouvement impétueux jouit au départ d’une sympathie considérable. Il est appuyé par toute l’opinion. La solidarité est générale. Les petits commerçants, la paysannerie laborieuse envoient des vivres. Des fonds sont collectés. Les distractions sont organisées : la danse, la chanson, les concerts sont au programme. Ces comités de grève sont des organisateurs de premier ordre. Les travailleurs protègent leur outil de travail, l’entretiennent, le bichonnent.
Un tel mouvement ne pouvait connaître que le succès. Devant sa puissance, les patrons sollicitent une réunion que convoque le Gouvernement. Pour la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier français, la CGT est reconnue par le patronat.
Le 7 juin 1936, à 15 heures, commencent les discussions qui se termineront le 8 juin à 1 heure du matin. Elles portent sur une augmentation moyenne des salaires de 15 % et sur l’établissement des conventions collectives dans toutes les branches. N’appelant pas à la grève, la CFTC ne participe pas aux accords Matignon.
Mais les congés payés ne figurent pas dans ces accords. Aussi, après le 8 juin, la grève va se poursuivre dans de nombreux secteurs.
Il y a 90 ans, la loi du 26 juin 1936 sur les congés payés est enfin votée !
Aujourd’hui face à la pression de plus en plus forte exercée par le patronat sur les salariés (stress au travail, dépressions qui augmentent de façon inquiétante) il est donc indispensable de ne pas céder « aux chants des sirènes » libérales qui voudraient racheter aux salariés leur temps de repos.
Chacun, chacune sera comptable de l’héritage qui sera laissé aux générations à venir.
Article publié le 28 mai 2026.