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En présentant mi-juillet son coup de rabot de 43,8 milliards d’euros en 2026 pour réduire le déficit public, le Premier ministre, François Bayrou, avait évoqué la fraude aux aides publiques.
Dans un entretien publié dans le Parisien le 3 août dernier, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a présenté les axes du projet de loi contre "la fraude sociale" attendu à l’automne. « La fraude sociale est une trahison de celles et ceux qui cotisent pour financer notre modèle social », argue la ministre qui évalue le préjudice à 13 milliards d’euros.
Cinq milliards et demi d’euros d’économies voilà ce que promet Bayrou pour 2026 dans le seul champ de la santé : hausse des franchises, arrêt de travail limité, le gouvernement compte également réviser les conditions de sortie des affections longue durée (ALD)...
Pour justifier ces attaques inadmissibles « la réponse du gouvernement, c’est d’être plus nombreux à travailler : c’est cela qui va générer des recettes », assène Catherine Vautrin. Elle défend également comme l’avait annoncé Bayrou, un doublement du plafond des franchises médicales (boîtes de médicaments, actes paramédicaux et transports sanitaires) et des participations forfaitaires (consultations, examens radio, analyses de biologie), jusqu’à présent fixé à 50 euros maximum par an pour chaque catégorie de franchise. En plus du plafond des franchises, les restes à charge après chaque accès à un acte de soin seront également doublés. Par an, le montant maximal de ces franchises cumulées pourrait donc passer de 100 à 200 euros. Un poids financier supplémentaire touchant les malades atteints des pathologies les plus lourdes ou chroniques, notamment les personnes âgées, alors que les retraités vont déjà perdre 350 euros de revenus par an en moyenne avec le gel des pensions, les impôts, les 10% d’abattement…
Ainsi, le gouvernement Bayrou cible particulièrement les personnes précaires et les travailleurs fragilisant leur accès aux soins et le droit à la santé, alors que notre service public de santé est déjà exsangue (voir ci-joint le Communiqué de Presse de l’Union Syndicale Départementale Santé Action Sociale CGT 69 « Alerte sur les services d’urgences du départements »).
Dans ses dernières annonces, Catherine Vautrin s’attaque aussi au sujet du transport sanitaire, qui a coûté 6,74 milliards d’euros en 2024 à la Sécurité sociale, un chiffre en hausse de 45 % depuis 2019. Le projet de loi obligerait les transporteurs à se doter d’un dispositif de géolocalisation et d’un système électronique de facturation intégrée, afin de « garantir l’exactitude des kilomètres facturés ». Dans la même lignée, elle veut « mettre un terme aux arrêts de travail prescrits de manière abusive » et envisage d’instaurer « une pénalité pour ceux qui détournent le système et le fragilisent ». « Il ne s’agit pas d’empêcher les gens qui sont malades d’être arrêtés. Il s’agit juste de mettre fin aux arrêts de travail non justifiés et de permettre à ceux qui en ont médicalement besoin d’en bénéficier afin d’assurer la soutenabilité de notre système de santé », assure la ministre.
Toutefois, cette proposition indigne les représentants des médecins généralistes qui démentent des prescriptions abusives. Interrogé sur France Info, Yohan Saynac, le vice-président du syndicat MG France, pointe plutôt la responsabilité des entreprises : « Il y a des entreprises ou des collectivités dans lesquelles on sait qu’il y a plus d’arrêts de travail que d’autres. Les conditions de travail y sont moins bonnes et il n’y a pas eu d’investissement dans le bien-être au travail ». Il propose un système de malus pour les entreprises « qui ne joueraient pas le jeu de la responsabilité sociale ».
(https://www.liberation.fr/societe/chasse-aux-arrets-de-travail-abusifs-geolocaliser-les-transports-sanitaires-debiter-les-comptes-bancaires-catherine-vautrin-devoile-ses-axes-pour-lutter-contre-la-fraude-sociale-20250803_U7ZETAM25BCGJPV74YSLC4I7ZA/)
Par ailleurs, les annonces de la ministre de la Santé ne sont qu’une "une diversion politique",
selon Frédéric Bizard, économiste de la santé : "laisser penser que c’est par la lutte contre la fraude qu’on va rétablir l’équilibre budgétaire de la sécurité sociale, c’est un leurre".
Aux yeux de ce spécialiste, les mesures d’économies visées par le gouvernement sont "non pérennes". "Les seules économies pérennes envisageables en matière de santé, sont des économies qui améliorent l’état de santé de la population", souligne-t’il. Selon lui, "il faut réaliser une vraie loi de programmation à cinq ans, c’est-à-dire avoir une stratégie d’une vision à long terme de ce que l’on veut faire en matière de santé publique", notamment "face à un vieillissement inédit de la population". "Il faut changer le système de santé pour qu’il permette un vieillissement en bonne santé", ajoute-t-il.
(https://www.franceinfo.fr/politique/gouvernement-de-francois-bayrou/projet-de-loi-contre-la-fraude-sociale-les-annonces-de-la-ministre-de-la-sante-sont-une-diversion-politique-tacle-un-economiste_7415548.html)
Les partenaires sociaux ont reçu des documents d’orientation de cadrage du projet du budget Bayrou : l’un sur les jours fériés et les mesures liées au travail dans la perspective d’une négociation « rapide » avant fin septembre et l’autre posant les bases de la négociation d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage.
Ce budget de Macron-Bayrou suscite encore une fois notre colère.
Face à cette politique austéritaire et de casse sociale annoncées un collectif appelle à faire du 10 septembre une journée de mobilisation nationale pour « un arrêt total du pays ». Parmi les principales revendications mises en avant sur leur site : « un réinvestissement massif dans les services publics : santé, éducation, transports, justice » ; « l’arrêt immédiat des suppressions de postes et des logiques comptables inhumaines » ; un système de santé accessible à toutes et tous, sans franchises injustes ; le maintien de tous les jours fériés et des droits sociaux conquis » ; « la revalorisation des retraites, minima sociaux et salaires, indexée sur la vie réelle. »
D’autres appellent à se mobiliser circulent pour cette même date « à condition que ce mouvement ne soit pas affilié à la gauche et aux syndicats ». Ces appels du pied de l’extrême-droite « anti-immigration » et contre « l’État obèse », visent à masquer le fait que le RN prône un budget encore plus austéritaire que celui de Bayrou ne touchant ni au statut, ni aux finances des multinationales, ni aux budgets militaires. Le RN ne s’attaque pas aux capitalistes qui avec lui continueront à s’engraisser avec les 211 milliards de cadeaux au grand patronat, continueront à s’enrichir en accaparant les richesses créées par notre travail. Si les travailleurs doivent encore et toujours se serrer la ceinture, pour les capitalistes, l’argent coule à flots : 133 milliards de dividendes pour les actionnaires en 2024 ! La fortune cumulée des 500 plus riches capitalistes en France atteint des sommets : 1.128 milliards d’euros.
La question de la grève interprofessionnelle est un outil essentiel pour « bloquer tout ».
Dans son bulletin national du 25 juillet dernier l’Unité CGT écrit : « Assez de mépris : la dictature patronale doit être balayée. Mettons partout en débat la riposte au budget 2026 et à la politique patronale et gouvernementale. Impulsons, avec notamment les cahiers revendicatifs CGT dans tous les secteurs économiques, un appel convergent au « blocage du pays » par la grève, reconductible et illimitée dès le 10 septembre et au-delà ». (https://unitecgt.fr/bulletin-national-entreprises-n9/)
Plusieurs dates de mobilisations CGT ont déjà été posées :
– le 2 septembre est une date d’appel à la grève par la fédération CGT Mines Énergie,
– le 10 septembre une journée de mobilisation et de grèves à l’appel de la
FNIC CGT contre la répression syndicale,
– le 10 septembre, l’UD CGT du 59 appelle à une manifestation à LILLE : "A partir du 10/09/2025, cessons de produire, cessons de faire fonctionner les services pour imposer une autre répartition des richesses et une économie de paix au service de la satisfaction des besoins des la population".
– le 09 octobre la fédération CGT Santé et Action sociale organise une manifestation nationale à Paris
Ces dates présentent l’utilité d’étendre en accordéon les possibilités d’actions et de convergence.
Unissons nous et mobilisons nous pour mettre un coup d’arrêt à la guerre sociale que le gouvernement mène depuis bien trop longtemps contre tous les travailleurs et la plus grande partie de notre société.
Article publié le 13 août 2025.