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Comment la crise sanitaire est venue accentuer les inégalités femmes-hommes

Partageant ce combat commun contre les inégalités femmes-hommes, la section a décidé, pendant la période estivale, de reprendre une publication de l’Oxfam. Cette publication sera divisée en plusieurs articles à retrouver tout au long de l’été.

La crise sanitaire a eu un effet démultiplicateur des inégalités existantes, et en particulier des inégalités de genre. Les femmes sont les premières touchées par les impacts économiques de la crise engendrée par la pandémie de COVID-19, du fait de leur surreprésentation dans les métiers les plus précaires. Elles étaient déjà les premières victimes des inégalités et de la pauvreté dans le « monde d’avant ». Une injustice aujourd’hui d’autant plus criante alors même qu’elles ont été en première ligne de la réponse à la crise sanitaire, occupant plus de deux tiers des emplois dans le secteur du soin.

« On risque de perdre en un an de pandémie des décennies de progrès en faveur de l’égalité femmes-hommes », Rapport ONU Femmes publié en septembre 2020.

Comment la crise sanitaire est venue accentuer les inégalités femmes-hommes

La crise sanitaire est venue accentuer, encore plus que les années précédentes, les inégalités qui découlent d’un modèle économique injuste et sexiste où les plus vulnérables, et notamment les femmes, sont les premières victimes.

La crise a remis sous les projecteurs les métiers reconnus aujourd’hui comme « essentiels », dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la propreté, de l’alimentation, de la distribution. Dans ces domaines, les femmes sont majoritaires. Mais elles occupent des emplois souvent précaires, informels, trop peu valorisés socialement ou trop faiblement rémunérés – et là-dessus, la crise n’a rien changé, au-delà de quelques discours.

Le coronavirus a notamment entraîné une explosion du travail de soin peu ou non rémunéré qui est assuré principalement par les femmes, en particulier les femmes issues de groupes sujets à une marginalisation raciale et ethnique.

Quelques chiffres sur l’impact de la crise sanitaire sur les femmes

 Oxfam a calculé que la crise du Covid-19 a entraîné pour les femmes du monde entier une perte de revenus d’au moins 800 milliards de dollars en 2020, soit plus que le PIB combiné de 98 pays. Et cette estimation est très prudente car elle se base sur les données des travailleuses du secteur formel, or les travailleuses du secteur informel, majoritaires dans les pays en développement, ont été frappé de plein fouet par la crise économique. La perte de revenu pour les femmes du monde entier risque d’être nettement supérieure.
 Au niveau mondial, les femmes ont perdu plus de 64 millions d’emplois l’année dernière, soit une perte de 5 %, contre 3,9 % pour les hommes.
 Les femmes assument la majeure partie des responsabilités familiales ; elles gagnent moins, épargnent moins et occupent des emplois plus précaires : dans l’ensemble, l’emploi des femmes est 19 % plus menacé que celui des hommes (source : rapport ONU)
 En France, pendant le premier confinement, les femmes ont deux fois plus souvent que les pères renoncé à travailler pour garder les enfants (source : INSEE)
 Dans les pays en développement, c’est 75% des femmes qui occupent un emploi informel, précaire ou dangereux, et jusqu’à 92% des femmes dans les pays à faible revenu. La pandémie, avec ses conséquences économiques, est venue encore empirer leur situation et accentuer leur précarité économique, déjà importante (source : rapport Davos Oxfam)

Des inégalités femmes-hommes déjà criantes avant la pandémie de COVID-19

Si la crise a plus fortement impacté les femmes, c’est que leur situation avant celle-ci était déjà plus fragile. Là-encore, quelques constats chiffrés nous disent tout de cette réalité. En France, sur 5 millions d’emplois à temps partiel, 3,8 millions sont occupés par des femmes, soit 76%. 29,3% des femmes occupent ainsi un emploi à temps partiel… contre 8,4% des hommes !

Cette inégale répartition entre les femmes et les hommes sur le marché du travail structure durablement les inégalités de salaires : les hommes gagnent 28,5% de plus que les femmes selon une récente étude de l’INSEE. A poste égal et compétences égales, l’écart de salaire est de 9%.

Les mères isolées, plus vulnérables encore

Les mères isolées sont dans une situation d’encore plus grande vulnérabilité. Comparées aux mères avec un·e conjoint·e, elles sont deux fois plus nombreuses à être dans un temps partiel subi. Surtout, comme nous le rappelions dans une précédente étude, en France, parmi les mères isolées qui travaillent, plus d’une sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Les mères isolées sont (avec les hommes seuls) le type de ménage le plus fréquemment rencontré dans les accueils du Secours Catholique.

Aujourd’hui, la pauvreté des femmes, et plus encore des mères isolées, est un angle mort des politiques publiques. A titre d’exemple, le Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age estime qu’il manque actuellement 350 000 places en crèche, quand depuis 2018, le gouvernement n’en a ouvert que 4260 selon la Caisse nationale des Allocations familiales.

Article publié le 5 août 2021.


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