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Hommage le vendredi 9 août 2024 à 11 h 15 sur le parvis de la gare d’Oullins rue Louis Aulagne
S’engager dans l’ombre et rester debout pour la liberté et le progrès social
80 ans plus tard, tous les historiens s’accordent pour dire que le débarquement des alliés de Normandie fût décisif pour la libération de l’Europe.
Mais que serait-t-il advenu sans la lutte clandestine de nombreux résistants et partisans qui au péril de leur vie ont par leurs actions de sabotages, de renseignements et de résistance à l’occupant rendu possible ce débarquement et permis d’entretenir l’espoir de liberté ?
Marius Chardon était de ceux-là. Comme beaucoup d’autres, il s’était engagé dans la Résistance avec les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) pour lutter contre l’Occupation allemande et la soumission du gouvernement de Vichy.
Ils se distinguèrent en rompant l’attentisme, en s’opposant au Service du travail obligatoire (STO), en engageant la lutte armée, en préservant l’outil de travail et en s’acharnant à réaliser l’union de la Résistance.
Les leçons de cette période trouble et sombre de notre histoire où l’action de résistance se mêle au quotidien valent encore pour aujourd’hui.
Le 7 juillet 2024 restera historique, les Français ont porté le Nouveau front populaire (NFP) en tête du scrutin des législatives et désavoué les ambitions du Rassemblement national (RN) qui se voyait déjà à la tête du pays. La CGT sera vigilante et combative à l’image de nos anciens pour répondre aux besoins exprimés par les français (pouvoir d’achat, salaires, retraites, services publics efficaces, sécurité, urgence climatique).
Pour vivre enfin les jours heureux. La CGT exige :
Camille Boivin travaillait avec Marius Chardon au bureau d’expertise des ateliers d’Oullins. Voici le récit qu’il fit du drame du 9 août 1944 :
"Des miliciens français ont "ratissé" chaque section des ateliers pour nous rassembler devant la porte Yzeron. Là, nous avons été encadrés par des soldats allemands en uniforme et armés de mitraillettes. Une mitrailleuse était en batterie face à notre groupe, devant la porte. Il y avait plusieurs officiers allemands et des civils. L’appel des noms a été recommencé plusieurs fois du fait de notre mutisme total, d’abord par un civil au fort accent germanique, puis par un autre civil, français celui-là. J’étais à côté de Chardon. Lorsqu’on appela son nom, j’ai dû avoir un sursaut ; il m’a dit, "bouge pas, petit". Il y a eu un temps mort entre les deux appels pendant lequel Chardon s’est déplacé. Il lui était difficile de se cacher parmi nous car il était très grand et dépassait tout le monde d’une bonne tête. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le sinistre Hébert qui venait d’arriver aux ateliers n’eut aucune peine à le repérer et à le désigner à la Gestapo.
Au moment de la dispersion, ce sont deux miliciens français qui ont emmené Chardon à son vestiaire.
Avec Brun, nous sommes retournés à notre travail en passant par l’outillage pour voir si quelque chose avait été découvert. Une cache d’arme avait en effet été aménagée par mon père sous le four à cémenter. Rien n’avait bougé. Continuant notre chemin nous nous trouvions entre l’ajustage te le local des pompes lorsque nous avons vu, à vingt mètres devant nous, Chardon sortir en courant de son vestiaire et s’étaler par terre après avoir buté sur le pas de la porte. le temps qu’il se relève et reprenne sa course, les deux miliciens avaient surgi et l’un d’eux a tiré deux rafales de mitraillette, le tuant net et blessant deux cheminots, dont Plantier, qui retournaient à leur travail, à la section des pompes.
Lorsque deux cheminots ont emporté Chardon sur un brancard, quelques-uns se sont découverts au passage, aussitôt insultés et menacés par les deux miliciens qui suivaient.
Que s’était-il passé à l’intérieur du vestiaire ? Après le drame, quelqu’un est allé voir et nous a dit avoir trouvée des armoires vestiaires renversées. Nous avons supposé que Chardon, qui était un véritable "malabar" avait tenté, pour s’échapper, de renverser les armoires sur les deux gestapistes".
Article publié le 1er août 2024.